LE PREMIER PHARE
Le premier phare fut construit en 1841 après plusieurs demandes des pêcheurs et des navires qui circulaient sur le détroit de Northumberland.
Le premier phare était de forme octogonale et fait en bois. Il était de blanc et rouge.
Puisqu’il n’y avait pas d’électricité le phare fonctionnait à partir de batterie et à l’huile. Alors il fallait toujours avoir quelqu’un pour assurer le bon fonctionnement.
Un borgo (criard) fut installé en 1876 afin d’aider les pêcheurs en cas de brume. Il fallait que quelqu’un le fasse fonctionner.
Plusieurs personnes durent s’installer à la Pointe afin d’assurer son fonctionnement. Il portait le nom de gardien de la pointe. Nous retrouvons les noms de John McEwan, William Hay, Thomas Phillips, James Carter, Kenneth McLennen, Merrill Tredholm, Bliss McLennen, Evé LeBlanc et sa famille ainsi que son frère Albin LeBlanc et en dernier Paul Durelle. Le gardien devait demeurer à la Pointe en tout temps. Le phare était en fonction 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Seul, le gardien Paul Durelle en dernier n’y travaillait que le jour. Les gens se souviennent surtout d’Evé LeBlanc et de sa famille.

(1907)
LES MAISONS
Les gardiens habitaient dans des maisons qui avaient été construites spécialement pour eux. Les enfants fréquentaient l’école de la paroisse. En hiver, ils devaient faire un bout de chemin en motoneige. Eve, élève de 3e année, nous dit que son grand-père Adé Savoie travailla à la construction de ses maisons.

(1933)
Ces quatre maisons furent vendues et déménagées en 1987 après que le fonctionnement du phare fut informatisé. Une maison fut achetée par Sandy et Donna Hitchman, une autre par Cindy Hitchman, Bliss Guimond et Tim Durelle. Trois furent installées à Escuminac tandis que l’autre fut emménagée à Bay du Vin.
LA VIE À LA POINTE ESCUMINAC
En plus du phare, il y avait aussi des usines à homard à proximité du phare. Des compagnies telles que W.S. Loggie, Harrisson, W.R. Loggie appartenaient ces usines. Ils avaient des bateaux qu’ils gardaient là et ils embauchaient des hommes pour pêcher ces bateaux. Pour travailler à la «shop» à homard, on embauchait des hommes et des femmes. Ces personnes étaient emmené à cheval dès le début de la saison. Ils étaient logés et nourris. Les femmes restaient ensemble et les hommes ensemble. Pour les repas, ils se rendaient à la «cookhouse» où on leur donnait à manger. Une des usines fut achetée par Adé Thériault un peu plus tard. On retrouvait aussi une grange pour les animaux et des jardins.

Pourquoi s’est-on installé à la pointe?
Il n’y avait pas de quai à Escuminac et à la pointe, c’était rocheux. Sur le côté Sud, on pouvait presque y emporter les bateaux à la côte. Ils étaient à l’abri du vent.
Pourquoi les usines n’existent-elles plus?
Les pêcheurs ont commencé les coopératives et se sont achetés leurs propres bateaux. Par après, on commença la construction des quais.

LA CONSTRUCTION DU DEUXIÈME PHARE
Après une centaine d’année, le phare n’était plus sécuritaire alors on songea à en construire un nouveau. On dû aller 400 pieds à l’intérieur des terres à cause de l’érosion. Celui-ci fut construit en 1966. Il est de forme hexagonale et en béton.

(1966)
Le grand-père d'Ève Savoie, Adé, ainsi que le grand-père d'Angèle, Céleste et Calixte, Adé Jr. Thériault, ont travaillé sur ce phare. Il est lui aussi blanc et rouge.

Lorsque venu le temps de peinturer le phare, Médard Mazerolle, grand oncle de Marie-Josée Leblanc peintura le phare. Il peintura la première section en blanc, la deuxième en rouge, en blanc, ensuite encore en rouge. Lorsque les inspecteurs arrivèrent, ils insistèrent pour qu’ils soient blanc et rouge à la tour. Il fallu donc recommencer. Il se souvient avoir peinturer le phare trois fois.

Comment se rendait-on à la pointe autrefois?
En été, c’était à cheval jusqu’à l’arrivée des camions et des voitures. Le gouvernement s’occupait aussi de l’entretien du chemin. Adé Thériault transportait souvent des personnes avec son camion ou son tracteur. L’hiver, on se servait de la motoneige. Avant celle-ci, c’était ce qu’on appelait le bomberdier et c’était surtout pour les gardiens de phare.

Comment s’y rendre?
Pour se rendre à la pointe Escuminac, il faut prendre un chemin de terre ou tu peux y accéder en marchant le long de la côte.
Le chemin de terre est environ 5 km. C’est un chemin raboteux alors il faut faire attention aux trous d’eau. En chemin, tu peux admirer la nature et à mi-chemin, tu pourras voir un nid d’aigle.

C’est aussi un terrain mousseux. Une entreprise de tourbe appelée Goodearth développe cette richesse naturelle et emploie quelques employés.

En marchant le long de la côte à partir du terrain de camping d’Escuminac Beach and Campground, tu peux aussi te rendre à la pointe. D’une distance d’environ 14 km, c’est une marche assez paisible. Tu pourras certes explorer les falaises de tourbe et les différents oiseaux qui s’y installent, ramasser des coquillages, examiner les différentes roches, voir de près l’érosion que fait la mer, voir des troncs d’arbres vieux de milliers d’années. C’est une excellente excursion.

Aujourd’hui si on doit vérifier le phare ou la station météorologique, on se sert d’un hélicoptère. En 2008, il fallu ajouter un autre tour à la station, alors on répara le chemin afin de s’y rendre.

Le phare n’est pas accessible aux visiteurs mais les gens peuvent admirer la nature, se baigner, faire un pique-nique et certains font même du camping sauvage.

Cette information fut recueillie par des élèves de l’École Régionale de Baie-Sainte-Anne en 2011 dans le cadre d’un projet patrimonial.