SALON SOEUR BLANDINE-MARTIN
C’est le village de Baie-Sainte-Anne qui vit naitre Blandine Martin le 10 mai 1941. Blandine semble avoir vécu toute sa vie sous le signe de l’eau. Fille, petite-fille et arrière-petite-fille de pêcheurs, elle a connu la mer: belle et attirante par un beau jour d’été, bonne et généreuse lors d’une saison de pêche, dévastatrice et cruelle au jour sombre d’une tempête.
Ses parents, Albénie et Marthe-Elise Martin sont de cette race d’audacieux et de tenaces, mais qui, en même temps, ont le coeur sur la main. Blandine avait hérité de ces vertus qui donnent à un individu du caractère, mais qui, aussi, le rend vulnérable à la souffrance.
Blandine fit ses études primaires à Baie-Sainte-Anne, mais reçut son diplôme de fin d’études secondaires à Néguac en 1959. À l’automne de cette même année, elle se dirige vers l’École Normale de Fredericton. Elle revient à Baie-Sainte-Anne un an plus tard enseigner à des jeunes de la 9e année. En 1961, Blandine, âgée de vingt ans, s’oriente vers le postulat des Religieuses Notre-Dame-du-Sacré Coeur à St-Joseph, Nouveau-Brunswick. C’est alors qu’elle réalise son rêve: se consacrer au Seigneur.
Entre 1964 et 1970, Soeur Blandine poursuit son enseignement dans le comté de Kent. De 1970 à 1972, elle complète une formation d’abord à Ottawa et ensuite à l’Université de Moncton. Durant cette dernière année, elle devient soeur missionnaire en Haïti jusqu’au dernier jour de sa vie, le 22 juin 1975.
Bien sûr, les gens reconnaissaient qu’elle avait, comme tout le monde, certains défauts. On dit qu’une personne possède les qualités de ses défauts. Cela était particulièrement évident chez Soeur Blandine; elle avait toujours un bon mot pour les personnes avec lesquelles elle vivait; elle avait une détermination à vaincre tous les obstacles qu’elle rencontrait sur sa route; en Haïti, elle fut une missionnaire dans le plein sens du mot. La misère de ces gens, victimes des forces de la nature, des inégalités sociales et de l’exploitation injuste lui faisait mal. «On a beau avoir été pauvre chez soi, ce n’est pas la même chose» s’exprime-t-elle dans une lettre à sa congrégation.
Son absence sera regrettée de tout le quartier où elle habitait. En apprenant son décès, une maman de trois élèves a exprimé au Père Langneil, la préoccupation de tous les parents: «Est-ce que vous croyez, Père, que nous aurons encore une directrice aussi dévouée que Soeur Blandine?»
Un grand service fut célébré pour Soeur Blandine en Haïti. Après la cérémonie, le Père Langneil a raconté quelques anecdotes. L’instructeur le plus âgé fit de même. Ensuite une infirmière chanta: «Adieu, directrice Blandine; adieu, chère directrice...» Elle chanta avec tant d’émotion que tout le monde fondit en larmes, parents comme élèves; tous ont quitté les lieux en criant et en pleurant.
Le voile s’est levé pour Soeur Blandine, le moment de vérité est arrivé. Elle a vécu la véritable Espérance. Elle a fait chaque jour avec le Ressuscité d’aujourd’hui son travail en donnant à manger à un frère qui a faim, en dispensant aux petits et aux pauvres la parole de Vérité. Elle est maintenant habitée par une Présence qui la remplit de paix et d’amour. Par sa mission en Haïti, Blandine a préparé, sans le savoir, une belle couronne au ciel.
Blandine laissa son nom dans le coeur des paroissiens et paroissiennes de notre communauté. C’est pourquoi ils ont choisi de nommer la salle située au sous-sol de l’église: Salon Soeur Blandine-Martin. (Juillet 2012)